Passagère détendue près du hublot d'un avion, peur de l'avion et claustrophobie, cabinet Hypnozen près de Charleroi

En bref. L'hypnose n'a pas été testée par un essai randomisé contre la peur de l'avion : on dispose d'un cas clinique et d'une série de patients sans groupe de comparaison. Le traitement le mieux démontré reste l'exposition progressive, réelle ou en réalité virtuelle. Pour la claustrophobie avant une IRM, une étude berlinoise non randomisée de 2021 a observé moins de crises chez les patients qui avaient écouté une auto-hypnose. L'hypnose peut donc compléter une prise en charge, sans promesse de résultat.

Les vacances sont réservées depuis des mois. Plus le départ approche, plus le sommeil se dégrade. On imagine l'embarquement, le couloir étroit, la porte de la cabine qui se verrouille, et plus aucun moyen de sortir pendant deux heures. Certains renoncent au voyage. D'autres montent à bord les mains moites en comptant les minutes.

On lit souvent qu'une seule séance d'hypnose suffit à régler le problème. Regardons plutôt ce que la recherche a trouvé, pour vous aider à choisir.

Combien de personnes ont peur de l'avion ?

Les chiffres varient énormément selon ce qu'on mesure. Une revue publiée en 2016 dans Frontiers in Psychology rapporte des estimations allant de 2,5 % de la population quand on compte uniquement la phobie diagnostiquée, à près de 40 % quand on compte toutes les personnes qui déclarent une appréhension à l'idée de voler [1]. Entre les deux se trouvent tous les voyageurs qui prennent l'avion quand même en serrant les dents.

La même revue rapporte que jusqu'à 59 % des personnes qui ont la phobie de l'avion connaissent aussi, au cours de leur vie, un autre trouble anxieux [1].

Pourquoi l'avion réveille-t-il la peur des espaces clos ?

On parle de « peur de l'avion » comme s'il s'agissait d'une seule peur. Des chercheurs néerlandais qui ont étudié 419 personnes venues consulter pour ce problème ont distingué quatre profils [2] :

Pour les personnes du troisième profil, l'avion est d'abord une pièce fermée dont on ne peut pas sortir pendant des heures. Le même inconfort surgit souvent dans un ascenseur, un tunnel, une salle bondée ou le tube d'une IRM. Rassurer ces personnes avec les statistiques de sécurité aérienne sert peu, puisque ce qu'elles redoutent n'est pas l'accident.

Quel traitement a fait ses preuves contre la peur de l'avion ?

Commençons par ce que la science établit le plus solidement, même si ce n'est pas de l'hypnose. Pour les phobies spécifiques, le traitement le mieux étudié est l'exposition progressive à ce qui fait peur, pratiquée dans le cadre d'une thérapie cognitive et comportementale. Une méta-analyse de 33 essais randomisés (les participants y sont répartis au hasard entre les traitements comparés) a montré que l'exposition fait mieux que l'absence de traitement, le placebo et les autres psychothérapies étudiées [3]. À la fin du traitement, l'exposition réelle y fait mieux que l'exposition en imagination ou virtuelle, mais cet avantage disparaît au suivi.

Pour l'avion, l'exposition peut aussi se faire en réalité virtuelle. Dans un essai américain portant sur 49 personnes, huit séances, dont quatre d'exposition virtuelle ou dans un vrai avion, ont donné des résultats équivalents entre les deux méthodes, nettement meilleurs que la simple attente. Six mois plus tard, 93 % des personnes traitées avaient pris l'avion [4]. Une méta-analyse de 2019 confirme que la réalité virtuelle fait jeu égal avec l'exposition réelle pour les troubles anxieux [5]. Des compagnies aériennes organisent en outre des stages contre la peur de l'avion. Votre médecin traitant peut vous renseigner sur ces approches.

L'hypnose marche-t-elle contre la peur de l'avion ?

Il n'existe aucun essai randomisé sur l'hypnose contre la peur de l'avion. On dispose d'un cas clinique publié, où l'hypnose était associée à l'exposition en réalité virtuelle [6], et d'une série de patients suivie sur la durée.

Cette série vient du psychiatre américain David Spiegel et de son équipe. Ils ont suivi 178 personnes reçues pour une phobie de l'avion en une séance de 45 minutes qui associait l'hypnose à un travail pour reformuler le problème, puis les ont recontactées entre six mois et dix ans et demi plus tard [7]. Au total, 158 ont répondu. Les personnes qui réagissaient le plus facilement à l'hypnose (réceptivité mesurée par un test standardisé) avaient plus de deux fois et demie plus de chances de dire que la séance leur avait apporté un bénéfice. Il n'y avait cependant pas de groupe de comparaison, et les résultats reposent sur ce que les patients ont eux-mêmes déclaré.

Plus largement, une méta-analyse de 2019 portant sur 17 essais a mesuré un effet de l'hypnose sur l'anxiété. Cet effet se maintenait dans les sept essais qui avaient prévu un suivi [8]. Il était plus marqué quand l'hypnose était combinée à une autre psychothérapie que lorsqu'elle était utilisée seule. Une autre méta-analyse, publiée en 2021, trouve qu'ajouter l'hypnose à une thérapie cognitive et comportementale apporte un gain faible à moyen toutes affections confondues, net surtout pour l'humeur dépressive et la douleur, moins pour l'anxiété [9]. Aucune de ces analyses ne porte spécifiquement sur la peur de l'avion.

L'hypnose aide-t-elle à passer une IRM quand on est claustrophobe ?

Pour la peur des espaces clos, on dispose de données comparatives grâce à une situation que les hôpitaux connaissent bien : l'IRM. Une publication de 1990, qui portait sur les appareils fermés de l'époque, estimait qu'entre 1 et 10 % des patients paniquent ou font une crise de claustrophobie dans l'appareil [10]. Certains examens doivent être interrompus ou réalisés sous sédation.

En 2021, une équipe de la Charité, le grand hôpital universitaire de Berlin, a proposé à des patients jugés à risque de claustrophobie d'écouter une auto-hypnose audio de 23 minutes en salle d'attente, juste avant leur examen dans une IRM de type ouvert [11]. Comparés à des patients examinés plus tôt sur le même appareil :

Plusieurs limites sont à garder en tête. Le groupe de comparaison était constitué de patients antérieurs, sans tirage au sort. Le score de claustrophobie mesuré par questionnaire n'a pas changé après l'écoute. Les patients jugeaient l'audio moyennement utile. Un des auteurs est lié à un centre de formation en hypnose. C'est néanmoins l'une des rares données comparatives sur l'hypnose face à l'enfermement : moins de crises observées, sans changement du score de claustrophobie.

Que disent les études, en un coup d'œil ?

Question Ce que montrent les études Niveau de preuve
Exposition progressive pour les phobies Supérieure au placebo et aux autres psychothérapies étudiées [3] Élevé (méta-analyse de 33 essais randomisés)
Réalité virtuelle pour la peur de l'avion Équivalente à l'exposition réelle, 93 % ont volé à six mois [4] [5] Moyen à élevé (un essai randomisé sur l'avion, méta-analyse sur les troubles anxieux)
Hypnose pour la peur de l'avion Bénéfice déclaré, plus fréquent chez les personnes réceptives [6] [7] Faible (cas clinique, série sans comparaison)
Hypnose pour l'anxiété en général Effet mesuré, plus net en complément d'une psychothérapie [8] [9] Moyen (méta-analyses)
Auto-hypnose avant une IRM 16 % de crises contre 43 %, moins de sédatifs [11] Faible à moyen (étude observationnelle, groupe historique)

Sur quoi l'hypnose peut-elle travailler avant un vol ?

Si vous n'êtes pas prêt à monter dans un avion pour vous entraîner, l'hypnose permet de commencer en imagination. Elle offre un état de concentration détendue dans lequel vous pouvez :

Ce travail ne remplace pas une thérapie par exposition. Il peut s'y ajouter, en accord avec le professionnel qui vous suit. Au cabinet, on commence par comprendre ce qui déclenche la peur, puis on s'entraîne à retrouver le calme dans les situations concernées. Le détail figure sur notre page consacrée aux phobies. Pour savoir comment se passe une séance, lisez notre article sur la première séance d'hypnose.

Un exercice à essayer dès maintenant

Entraînez-vous chez vous quelques jours avant le vol. Posez les pieds bien à plat. Inspirez par le nez en comptant jusqu'à quatre puis expirez lentement par la bouche en comptant jusqu'à six. Recommencez une dizaine de fois en portant votre attention sur le contact de vos pieds avec le sol. Une expiration plus longue que l'inspiration apaise certaines personnes. En cas d'étourdissement, reprenez une respiration normale. Ce n'est pas un traitement, simplement un point d'appui pour la salle d'embarquement ou le moment où les portes se ferment.

Que ne fera pas l'hypnose ?

L'hypnose ne vous garantit pas un vol serein. Tout le monde n'est pas réceptif à l'hypnose de la même façon, et la série de Spiegel montre justement que les résultats varient selon cette réceptivité.

Si votre peur s'accompagne d'attaques de panique fréquentes ou de symptômes cardiaques, ou si vous suivez un traitement médicamenteux, parlez-en d'abord à votre médecin. Ne modifiez jamais un traitement de votre propre initiative avant un vol.

Votre vol approche ?

Mieux vaut s'y prendre quelques semaines à l'avance que la veille, sans qu'aucun délai ne garantisse un résultat. Le cabinet Hypnozen, à Tarcienne entre Charleroi et Namur, accompagne par l'hypnose les personnes que l'avion ou les espaces clos inquiètent. Le premier contact téléphonique est gratuit : vous pourrez expliquer ce qui vous fait peur et savoir si l'accompagnement vous correspond.

Questions fréquentes

A-t-on prouvé l'efficacité de l'hypnose contre la peur de l'avion ?

Pas au sens strict. Aucun essai randomisé n'a testé l'hypnose contre la peur de l'avion. Les données existantes viennent d'un cas clinique et d'une série de 178 patients, dont 158 ont répondu au suivi, sans groupe de comparaison. Ces résultats sont compatibles avec un bénéfice, sans le démontrer.

Quel est le traitement le mieux étudié pour la peur de l'avion ?

L'exposition progressive, menée dans le cadre d'une thérapie cognitive et comportementale, y compris en réalité virtuelle. C'est l'approche qui a le plus d'essais contrôlés derrière elle. L'hypnose peut s'y ajouter comme complément.

Pourquoi la peur de l'avion et la claustrophobie vont-elles souvent ensemble ?

Parce que la peur de l'avion n'est pas une seule peur. Chez certaines personnes, ce n'est pas l'accident qui effraie mais l'enfermement : une cabine étroite, des portes fermées, l'impossibilité de sortir. Parmi les personnes qui consultent pour la peur de voler, des chercheurs ont décrit un profil dominé par la claustrophobie, souvent avec des attaques de panique.

L'hypnose peut-elle aider à passer une IRM ?

Une étude menée à la Charité de Berlin en 2021 a observé moins d'épisodes de claustrophobie chez les patients qui avaient écouté une auto-hypnose audio en salle d'attente juste avant l'examen (16 % contre 43 %). L'étude n'était pas randomisée. Signalez votre claustrophobie au service de radiologie : il existe aussi des appareils ouverts ou à tunnel court.

Combien de séances faut-il avant un vol ?

Aucun chiffre ne vaut pour tout le monde. Cela dépend de l'intensité de la peur, de son ancienneté et du temps qui reste avant le départ. Mieux vaut commencer quelques semaines avant le voyage plutôt que la veille.

En résumé

La peur de l'avion cache souvent autre chose que la peur de l'accident, par exemple la claustrophobie. Le traitement le mieux démontré reste l'exposition progressive, réelle ou virtuelle. Pour l'avion, l'efficacité de l'hypnose n'est pas solidement démontrée, mais les premiers indices sont compatibles avec un bénéfice, et les données sont un peu meilleures pour l'enfermement dans une IRM. L'hypnose trouve sa place comme complément, pour préparer le voyage et donner des outils à utiliser à bord, sans promesse de résultat.

Sources

  1. Clark, G. I. & Rock, A. J. (2016). Processes contributing to the maintenance of flying phobia: a narrative review. Frontiers in Psychology, 7, 754. DOI 10.3389/fpsyg.2016.00754.
  2. Van Gerwen, L. J., Spinhoven, P., Diekstra, R. F. W. & Van Dyck, R. (1997). People who seek help for fear of flying: typology of flying phobics. Behavior Therapy, 28, 237-251. DOI 10.1016/S0005-7894(97)80045-7.
  3. Wolitzky-Taylor, K. B., Horowitz, J. D., Powers, M. B. & Telch, M. J. (2008). Psychological approaches in the treatment of specific phobias: a meta-analysis. Clinical Psychology Review, 28(6), 1021-1037. PMID 18410984.
  4. Rothbaum, B. O., Hodges, L., Smith, S., Lee, J. H. & Price, L. (2000). A controlled study of virtual reality exposure therapy for the fear of flying. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 68(6), 1020-1026. PMID 11142535.
  5. Carl, E., Stein, A. T., Levihn-Coon, A. et al. (2019). Virtual reality exposure therapy for anxiety and related disorders: a meta-analysis of randomized controlled trials. Journal of Anxiety Disorders, 61, 27-36. PMID 30287083.
  6. Hirsch, J. A. (2012). Virtual reality exposure therapy and hypnosis for flying phobia in a treatment-resistant patient: a case report. American Journal of Clinical Hypnosis, 55(2), 168-173. PMID 23189521.
  7. Spiegel, D., Frischholz, E. J., Maruffi, B. & Spiegel, H. (1981). Hypnotic responsivity and the treatment of flying phobia. American Journal of Clinical Hypnosis, 23(4), 239-247. PMID 7282575. Voir aussi l'article du même titre paru en 2015 dans la même revue, 57(2), 156-164, PMID 25928602.
  8. Valentine, K. E., Milling, L. S., Clark, L. J. & Moriarty, C. L. (2019). The efficacy of hypnosis as a treatment for anxiety: a meta-analysis. International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis, 67(3), 336-363. PMID 31251710.
  9. Ramondo, N., Gignac, G. E., Pestell, C. F. & Byrne, S. M. (2021). Clinical hypnosis as an adjunct to cognitive behavior therapy: an updated meta-analysis. International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis, 69(2), 169-202. PMID 33646087.
  10. Friday, P. J. & Kubal, W. S. (1990). Magnetic resonance imaging: improved patient tolerance utilizing medical hypnosis. American Journal of Clinical Hypnosis, 33(2), 80-84. PMID 2270840.
  11. Napp, A. E., Diekhoff, T., Stoiber, O. et al. (2021). Audio-guided self-hypnosis for reduction of claustrophobia during MR imaging: results of an observational 2-group study. European Radiology, 31, 4483-4491. PMID 33855591.

En Belgique, l'hypnose d'accompagnement n'est pas une profession de soins de santé réglementée et le titre d'hypnothérapeute n'est pas protégé. Les actes de psychothérapie et de soin sont réservés aux professionnels de santé par la loi coordonnée du 10 mai 2015. Le cabinet accompagne sans poser de diagnostic ni prescrire de traitement.

L'hypnose est une pratique d'accompagnement complémentaire. Elle ne remplace pas un avis médical ni une psychothérapie. En cas d'attaques de panique ou de troubles anxieux importants, consultez votre médecin.

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